Le petrolatum, appelé vaseline dans le langage courant, est un mélange d’hydrocarbures obtenu par raffinage du pétrole. En cosmétique, sa présence se lit sous le nom INCI Petrolatum. Son emploi est autorisé dans l’Union européenne sous une condition précise : l’historique complet du raffinage doit être connu et la matière première ne doit pas relever de la classification cancérogène.
En bref
- Le mot Petrolatum désigne la vaseline inscrite dans une liste INCI, et non une marque ou un label.
- La réglementation européenne encadre les huiles minérales par une exigence de raffinage démontrable, inscrite à l’annexe II du règlement cosmétique.
- Une vaseline de qualité pharmaceutique répond à des normes de matière première plus strictes que la simple mention marketing « pure ».
- Le prix, le format et l’étiquette restent les seuls éléments comparables entre deux produits vendus comme vaseline.
- Un produit contenant du petrolatum n’est pas automatiquement certifiable selon le référentiel COSMOS, qui exclut les matières premières pétrochimiques.
Ce contenu porte sur la composition, la pureté, les normes applicables et la lecture d’étiquette. Il ne traite pas du choix d’un soin de la peau en cas de réaction, d’allergie, d’usage chez l’enfant ou de situation médicale : ces sujets relèvent d’un dermatologue ou d’un pharmacien.
Que désigne exactement Petrolatum sur une liste INCI ?
Petrolatum est la dénomination internationale utilisée sur les emballages de produits cosmétiques commercialisés dans l’Union européenne. Le terme français « vaseline » est plus ancien et plus courant en rayon, mais il ne remplace pas la nomenclature INCI. Sur un pot, un stick pour les lèvres ou une crème, c’est donc le mot Petrolatum qu’il faut chercher.
Cette matière est issue de fractions lourdes du pétrole, puis soumise à des étapes de raffinage et de purification. Elle se présente généralement comme une masse semi-solide, blanche ou légèrement translucide. Sa texture dépend de la composition du mélange d’hydrocarbures et de sa viscosité. Une huile minérale fluide se lit plutôt Paraffinum Liquidum ou Mineral Oil, tandis que Petrolatum correspond à une forme plus épaisse.
La base officielle européenne CosIng, consultée en mars 2026, répertorie Petrolatum parmi les ingrédients cosmétiques avec des fonctions déclarées d’agent antistatique, d’émollient et d’agent de conditionnement cutané. Ces fonctions décrivent le rôle technique attribué à la substance dans une formule. Elles ne constituent pas une promesse d’effet individuel sur une peau.
Une fonction de formule, pas une promesse sur le produit
Dans une formule courte, Petrolatum peut être l’ingrédient majoritaire. C’est le cas des gelées de vaseline vendues en pot ou en tube. Dans un rouge à lèvres, il peut servir de base grasse avec des cires, des huiles et des pigments. Dans un produit capillaire, le fabricant peut l’utiliser pour modifier le glissant, la tenue ou l’aspect final de la préparation.
L’ordre INCI a une utilité immédiate. Les ingrédients présents au-delà de 1 % sont inscrits par ordre décroissant de quantité. Si Petrolatum apparaît en première ou deuxième position, la matière constitue probablement une part importante de la formule. Lorsqu’il est placé après un parfum, un extrait ou plusieurs colorants, sa proportion est habituellement beaucoup plus limitée.
La lecture doit rester littérale. « Vaseline enrichie » peut désigner un produit où Petrolatum est associé à un parfum ou à une huile. Cela ne renseigne ni sur le niveau de raffinage, ni sur une certification, ni sur l’origine des autres ingrédients. Le packaging peut employer des termes valorisants, mais la liste INCI est le document utile pour comprendre ce qui est réellement conditionné.
Un relevé de prix exige normalement le même produit, le même format et trois canaux distincts. Aucun relevé daté et croisé n’est disponible dans les données de cette page pour une référence précise de vaseline. Il serait donc impropre d’annoncer un tarif au gramme ou de comparer des enseignes sans avoir lu l’étiquette du format concerné. La vérification à faire en rayon reste simple : relever le poids net, le prix affiché et la liste INCI du pot exact.
Le mot petrolatum ne permet donc pas, à lui seul, de classer un produit. Il identifie une matière première déterminée, dont la conformité dépend surtout du niveau de purification documenté et de l’usage cosmétique déclaré par le responsable de mise sur le marché.

Comment la pureté de la vaseline est-elle contrôlée ?
La notion de pureté mérite d’être séparée du discours commercial. Une formule peut afficher « 100 % vaseline » et ne donner aucune information sur le grade de la matière première. À l’inverse, une documentation technique peut indiquer une conformité à une pharmacopée ou à une monographie précise. Ce second élément est vérifiable, à condition que le fournisseur fournisse le document correspondant au lot ou à la référence.
La Pharmacopée européenne comporte une monographie 1799 consacrée à la vaseline blanche. Des dossiers techniques de fournisseurs de matières premières, publiés en octobre 2024 et en mars 2025, indiquent une conformité à cette monographie. Cette indication concerne la matière première contrôlée selon des spécifications définies. Elle ne remplace pas les obligations du règlement cosmétique pour le produit fini.
La vaseline blanche et la vaseline jaune ne se distinguent pas seulement par l’apparence. Leur niveau de traitement, leur couleur et les paramètres de contrôle peuvent différer selon les spécifications industrielles. Dans les produits cosmétiques courants, la dénomination INCI reste Petrolatum. L’étiquette n’a pas à reproduire la monographie pharmaceutique, ce qui oblige à distinguer l’information réglementaire obligatoire de la documentation volontaire du fabricant.
Ce que le raffinage doit permettre de démontrer
L’annexe II du règlement (CE) n° 1223/2009, version consolidée consultée en mars 2026, vise les huiles minérales à l’entrée 750. Elles sont interdites, sauf si l’historique complet du raffinage est connu et s’il peut être démontré que la substance dont elles proviennent n’est pas cancérogène. Cette formulation est plus précise qu’une affirmation générale sur la vaseline.
Le responsable de la mise sur le marché doit pouvoir documenter la sécurité du produit cosmétique par un dossier d’information produit. Le consommateur ne reçoit pas ce dossier en rayon. Il peut en revanche demander à la marque quel grade est utilisé, si une conformité à une pharmacopée est revendiquée, et si cette déclaration concerne le produit vendu ou seulement un approvisionnement amont.
La réponse « qualité cosmétique » reste trop vague lorsqu’elle n’est accompagnée d’aucune référence. Une réponse exploitable nomme au minimum la norme suivie, le fournisseur de la matière première ou le standard de contrôle. Une formule comme « vaseline hautement purifiée » peut être exacte, mais elle ne peut pas être vérifiée sans document ou sans renvoi réglementaire.
Le Bundesinstitut für Risikobewertung allemand a publié en 2018 une évaluation consacrée aux huiles minérales fortement raffinées en cosmétique. Le document est accessible sur le site du BfR. Cette source doit être lue avec sa date et son périmètre : elle porte sur des huiles fortement raffinées, non sur toute substance pétrolière prise indistinctement.
La bonne vérification porte donc sur le mot exact employé par le fabricant et sur le standard invoqué. Une vaseline présentée comme « pure » sans autre précision reste moins documentée qu’une référence accompagnée d’une conformité clairement identifiée.
Quelle réglementation européenne encadre le petrolatum en cosmétique ?
Le cadre applicable aux produits cosmétiques dans l’Union européenne est le règlement (CE) n° 1223/2009. Il harmonise les règles de commercialisation, les obligations d’étiquetage et l’évaluation de sécurité. Le petrolatum n’est pas un ingrédient soumis à une concentration maximale générale dans ce texte. Son emploi dépend toutefois de la condition de raffinage inscrite à l’annexe II.
Le règlement impose aussi la désignation INCI des ingrédients sur l’emballage. Dans le cas de la vaseline, Petrolatum doit donc apparaître sous cette forme dans la liste. Un fabricant ne peut pas substituer durablement une expression de communication comme « gelée minérale purifiée » à l’INCI obligatoire dans la liste des composants.
La personne responsable du produit, établie dans l’Union européenne, assure la conformité de la formule avant sa mise sur le marché. Elle doit notamment disposer d’une évaluation de sécurité et d’un dossier d’information produit. Ces éléments ne sont pas des arguments de vente. Ils sont exigés par les normes applicables aux cosmétiques vendus légalement dans l’Union.
Les mots « pharmaceutique » et « cosmétique » ne désignent pas la même chose
Un grade pharmaceutique décrit une référence à des spécifications de matière première, souvent rattachées à une pharmacopée. Un produit cosmétique relève, lui, du règlement européen sur les cosmétiques. Les deux démarches peuvent se recouper, mais elles ne sont pas interchangeables. Une vaseline conforme à une monographie pharmaceutique n’est pas dispensée des obligations relatives à son produit fini.
Cette distinction compte lorsqu’une marque affiche une formule de trois lignes. « Petrolatum » est une composition. « Conforme à la Pharmacopée européenne » est une déclaration qui doit être attribuable à une monographie, à une version et à une matière première déterminée. « Testé dermatologiquement » relève encore d’un autre type de justification, qui n’informe ni sur l’origine du petrolatum ni sur son grade.
| Élément à vérifier | Ce que l’étiquette peut montrer | Source de contrôle pertinente | Limite à connaître |
|---|---|---|---|
| Nom de l’ingrédient | Petrolatum dans la liste INCI | Liste d’ingrédients du format acheté | L’INCI ne donne pas le niveau de raffinage. |
| Raffinage autorisé | Souvent absent du pot ou du tube | Annexe II, entrée 750 du règlement (CE) n° 1223/2009 | La preuve détaillée figure dans le dossier réglementaire, non en rayon. |
| Standard de pureté | Mention éventuelle de pharmacopée | Monographie 1799 de la Pharmacopée européenne | La mention doit viser une matière première identifiable. |
| Certification cosmétique | Logo d’un organisme, s’il existe | Référentiel et annuaire de l’organisme certificateur | Le petrolatum n’entre pas dans le périmètre COSMOS. |
Le règlement encadre également les allégations. Une communication ne doit pas attribuer au produit des caractéristiques qu’il ne possède pas. Pour un acheteur, le point pratique est net : une revendication de sécurité ou de pureté gagne à être accompagnée d’une référence précise, pas seulement d’un visuel de laboratoire ou d’un slogan.
La réglementation ne transforme donc pas chaque emballage en dossier technique. Elle impose aux opérateurs de disposer des preuves nécessaires, tandis que l’étiquette fournit au public le nom INCI, la personne responsable, le contenu nominal, le lot et les précautions d’emploi utiles.
Pourquoi la vaseline ne relève-t-elle pas des labels COSMOS ?
Le petrolatum est une matière issue du raffinage pétrolier. Cette origine le place hors du périmètre des référentiels de cosmétique biologique et biologique-orientée comme COSMOS, consulté en mars 2026. Le référentiel COSMOS encadre les ingrédients autorisés dans les produits certifiés COSMOS Organic ou COSMOS Natural et ne prévoit pas l’utilisation du petrolatum.
Cette exclusion ne signifie pas qu’un produit contenant de la vaseline serait non conforme à la réglementation cosmétique européenne. Elle signifie qu’il ne répond pas aux règles de composition de cette certification privée. Réglementation et label ne jouent pas le même rôle. La première fixe un cadre légal commun. Le second applique un cahier des charges volontaire, avec ses propres exclusions et contrôles.
Un pot de vaseline affichant Petrolatum seul dans sa liste INCI ne doit donc pas être présenté comme certifié COSMOS. Lorsqu’un emballage emploie des codes graphiques évoquant des végétaux, l’acheteur doit chercher le nom exact de l’organisme, par exemple Ecocert, Cosmécert ou un autre certificateur identifié, puis vérifier le certificat. Un logo vert sans organisme nommé n’apporte aucune information contrôlable.
Comparer des produits sans confondre origine et conformité
Une formule à base de cire végétale, d’huiles végétales et de beurres peut viser une certification COSMOS. Une formule à base de petrolatum suit une autre logique de formulation et un autre approvisionnement. Les comparer exige de regarder les ingrédients, le prix au gramme, l’emballage et le statut de certification, plutôt que de chercher un vain équivalent entre deux catégories qui ne reposent pas sur les mêmes matières premières.
Le terme « synthétique », parfois utilisé dans les fiches d’ingrédients, simplifie excessivement le sujet. Petrolatum n’est pas fabriqué par synthèse à partir de petites molécules dans le produit fini : il est obtenu par raffinage de fractions pétrolières. Cette précision n’a rien d’anecdotique. Elle permet de comprendre pourquoi il est exclu des cahiers des charges reposant sur des matières premières végétales, minérales autorisées ou biotechnologiques sélectionnées.
Le fabricant doit aussi être distingué du distributeur. Une marque peut faire conditionner une vaseline par un sous-traitant, puis vendre le produit sous son propre nom. Pour vérifier l’entité responsable, il faut consulter la raison sociale figurant sur l’emballage et la recouper dans Pappers ou sur Data INPI. Le SIREN, le statut de la société et l’adresse déclarée sont plus utiles qu’une mention vague de fabrication européenne.
Un produit sans label n’est pas dépourvu de cadre : il reste soumis aux obligations du règlement (CE) n° 1223/2009. Inversement, un logo de certification ne remplace pas la lecture de la composition. Les deux contrôles se complètent sans se confondre.
Comment lire une étiquette de vaseline avant l’achat ?
La vérification commence par le format exact. Un tube de 15 g, un pot de 50 g et un conditionnement de 250 g peuvent afficher des prix très différents sans que leur formule change. Le prix pertinent se calcule au gramme : prix affiché divisé par le poids net. Une différence de conditionnement peut expliquer un écart plus sûrement qu’un mot comme « premium » ou « expert ».
La liste INCI vient ensuite. Une vaseline simple comporte généralement une seule ligne : Petrolatum. Une référence parfumée ou colorée comportera une liste plus longue. Cette différence n’est ni positive ni négative par elle-même. Elle indique seulement que la formule n’est plus une matière première seule et qu’elle doit être comparée comme un produit composé.
Les vérifications à effectuer sur le format en main
- Repérez le mot Petrolatum et notez sa position dans la liste INCI.
- Vérifiez le poids net en grammes, puis calculez le coût par gramme à partir du prix affiché le jour de l’achat.
- Identifiez la personne responsable et conservez le numéro de lot si une question survient après l’achat.
- Recherchez le nom de l’organisme certificateur si un label est imprimé sur le produit.
- Lisez les précautions et la destination annoncée, car un produit pour les lèvres, les cheveux ou le corps ne porte pas toujours les mêmes indications d’usage.
La formule la plus courte est aussi la plus facile à contrôler. Pour un pot dont la seule ligne est Petrolatum, aucun parfum, colorant ou conservateur ne vient s’ajouter à la liste. Cela ne renseigne pas seul sur la conformité du lot, mais réduit le nombre d’ingrédients à identifier. Sur un stick coloré, les pigments peuvent être listés après les autres ingrédients, parfois sous la mention « may contain » ou avec des numéros CI.
Les allégations telles que « vaseline pure », « haute pureté » ou « qualité pharmaceutique » demandent une lecture stricte. La première peut simplement indiquer l’absence d’autres ingrédients dans la formule. La deuxième devrait être soutenue par une information de fournisseur ou par un standard nommé. La troisième doit idéalement renvoyer à une pharmacopée ou à une spécification technique. Sans ce lien, le mot reste imprécis.
Les fabricants de produits pour les lèvres doivent aussi respecter le règlement cosmétique. Cosmetics Europe a publié en 2018 une note sur les hydrocarbures minéraux dans les produits de soin des lèvres, accessible sur son site. Cette publication sectorielle ne remplace pas le texte légal, mais elle précise le périmètre discuté par l’industrie à cette date.
En cas de doute sur une réaction, une allergie, une grossesse ou l’utilisation chez un enfant, la comparaison d’étiquettes ne suffit pas. Le rôle de cette lecture est de documenter la composition et le cadre du produit, non de trancher une question médicale. Un pharmacien ou un dermatologue reste l’interlocuteur adapté.
Avant de choisir, retournez le pot et cherchez d’abord Petrolatum, le poids net et la personne responsable. Ces trois lignes permettent déjà de distinguer une vaseline simple d’une formule enrichie et une information vérifiable d’une promesse publicitaire.
Petrolatum et vaseline sont-ils le même ingrédient ?
Dans une liste INCI, Petrolatum est la dénomination internationale correspondant à la vaseline. Le terme vaseline est surtout employé dans le langage courant et sur la face avant des emballages.
Le petrolatum est-il autorisé dans les cosmétiques européens ?
Oui, sous la condition figurant à l’entrée 750 de l’annexe II du règlement (CE) n° 1223/2009 : l’historique complet du raffinage doit être connu et la substance d’origine ne doit pas être cancérogène.
Une vaseline peut-elle être certifiée COSMOS ?
Le petrolatum, issu du raffinage pétrolier, ne fait pas partie des matières premières admises par le référentiel COSMOS. Un produit contenant cet ingrédient ne peut donc pas relever de cette certification.
Que signifie une mention de qualité pharmaceutique sur un pot de vaseline ?
Cette mention devrait renvoyer à une spécification identifiable, telle qu’une monographie de pharmacopée appliquée à la matière première. Elle ne remplace pas les obligations réglementaires applicables au produit cosmétique fini.
Le dossier complet Marques de cosmétiques naturels français : le référentiel